Chercher du sens, retrouver du calme, traverser une épreuve, prendre une décision importante : beaucoup d’entre nous ressentent, à un moment de leur vie, le besoin de s’arrêter. Certains le vivent dans une tradition religieuse, d’autres dans une démarche plus personnelle. Voici quelques repères pour avancer sereinement, et pour choisir avec discernement les personnes qui vous accompagneront.
Faire une retraite
Une retraite, c’est d’abord un temps mis à part : quelques jours loin du quotidien, souvent dans le silence. De nombreuses abbayes et de nombreux monastères ouvrent leur hôtellerie aux personnes qui souhaitent partager un moment le rythme de la communauté, qu’elles soient croyantes ou non. On y est accueilli simplement ; la participation aux offices est libre, et le prix du séjour est souvent modeste, parfois laissé à l’appréciation de chacun.
Les centres spirituels proposent aussi des retraites accompagnées, d’un à plusieurs jours, qui alternent enseignements, temps personnels et entretiens avec un accompagnateur. Les exercices spirituels de saint Ignace, par exemple, se vivent sur un week-end, sur huit jours ou, pour les plus aguerris, sur trente jours.
Hors de tout cadre religieux, il existe également des retraites de méditation ou de marche silencieuse. Dans tous les cas, renseignez-vous sur le déroulé d’une journée type, sur le niveau de silence demandé et sur la possibilité d’échanger avec quelqu’un si le besoin s’en fait sentir.
Prendre un temps chaque jour
Inutile d’attendre les vacances : la régularité compte davantage que la durée. Dix minutes de silence le matin, la lecture d’un psaume, une prière avant le repas ou une courte marche attentive suffisent souvent à changer la tonalité d’une journée.
La méditation de pleine conscience s’est largement diffusée en France. Le programme MBSR, mis au point à la fin des années 1970 par Jon Kabat-Zinn, se suit en groupe sur huit semaines, avec un instructeur et des exercices quotidiens. Il ne remplace pas un traitement, mais beaucoup y trouvent un appui face au stress.
Se faire accompagner
Un accompagnement peut prendre bien des formes : accompagnateur spirituel, sophrologue, coach, art-thérapeute, psychologue… Ces métiers ne sont pas encadrés de la même manière, et il est utile de le savoir avant de prendre rendez-vous.
- Le titre de psychologue est protégé par la loi : il suppose un diplôme de niveau master en psychologie.
- Le titre de psychothérapeute est réglementé depuis 2010 : il est réservé aux professionnels formés à la psychopathologie et inscrits sur un registre tenu par l’agence régionale de santé.
- Les titres de sophrologue, de coach ou de « thérapeute » ne sont pas réglementés : n’importe qui peut les porter. Interrogez la personne sur sa formation, sa durée, sa supervision éventuelle et la déontologie à laquelle elle se réfère.
Un accompagnant sérieux vous indique d’emblée le prix d’une séance et le nombre de séances qu’il envisage. Il n’hésite pas non plus à vous orienter vers un médecin ou un psychologue quand votre situation le demande.
Garder son discernement
La quête de sens peut aussi attirer des personnes mal intentionnées. La Miviludes, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, constate qu’une part croissante des signalements qu’elle reçoit concerne la santé, le bien-être et le développement personnel. Quelques signaux doivent alerter :
- on vous incite à prendre vos distances avec votre famille ou vos amis ;
- les sommes demandées augmentent à mesure que vous « progressez » ;
- on vous déconseille un traitement médical, ou l’on vous promet une guérison ;
- on vous demande de garder le secret sur ce qui se dit ou se fait ;
- la moindre question, le moindre doute sont présentés comme une résistance de votre part.
En cas de doute, pour vous ou pour un proche, le site de la Miviludes permet de s’informer et d’effectuer un signalement.